Entrepreneurs et IA : l'optimisme comme boussole dans un monde incertain Malgré les turbulences géopolitiques qui redessinent les équilibres économiques mondiaux, les chefs d'entreprise affichent une confiance surprenante. Selon un sondage UBS récent, 68 % des entrepreneurs interrogés se déclarent optimistes pour les douze mois à venir — un chiffre qui mérite d'être lu avec nuance, mais qui traduit une dynamique réelle de résilience stratégique. Ce qui frappe dans les résultats de cette enquête, c'est moins l'optimisme en lui-même que ce qu'il révèle sur les priorités des dirigeants. L'intelligence artificielle n'est pas perçue comme un levier immédiat de revenus, mais comme un outil d'efficacité opérationnelle : amélioration des processus, accélération des analyses de données, réduction des frictions internes. Une vision pragmatique, loin des promesses mirobolantes qui ont longtemps dominé le discours autour de l'IA. Cette sobriété s'accompagne pourtant d'ambitions de croissance significatives. Près de 80 % des entrepreneurs sondés anticipent une augmentation de leurs effectifs dans les cinq prochaines années, et 45 % envisagent une expansion vers de nouveaux marchés internationaux. Ces chiffres contredisent le narratif, souvent répandu, selon lequel l'IA serait avant tout destructrice d'emplois. Dans cette lecture, la technologie serait plutôt un accélérateur de croissance qui nécessite davantage de ressources humaines pour être déployée et pilotée efficacement. La question de la transmission d'entreprise constitue un autre signal fort de l'enquête : 32 % des dirigeants envisagent de céder leur entreprise dans les cinq prochaines années. Ce chiffre illustre une prise de conscience croissante autour des enjeux de succession …
Pourquoi les entrepreneurs misent sur l’IA malgré les menaces géopolitiques

Entrepreneurs et IA : l’optimisme comme boussole dans un monde incertain
Malgré les turbulences géopolitiques qui redessinent les équilibres économiques mondiaux, les chefs d’entreprise affichent une confiance surprenante. Selon un sondage UBS récent, 68 % des entrepreneurs interrogés se déclarent optimistes pour les douze mois à venir — un chiffre qui mérite d’être lu avec nuance, mais qui traduit une dynamique réelle de résilience stratégique.
Ce qui frappe dans les résultats de cette enquête, c’est moins l’optimisme en lui-même que ce qu’il révèle sur les priorités des dirigeants. L’intelligence artificielle n’est pas perçue comme un levier immédiat de revenus, mais comme un outil d’efficacité opérationnelle : amélioration des processus, accélération des analyses de données, réduction des frictions internes. Une vision pragmatique, loin des promesses mirobolantes qui ont longtemps dominé le discours autour de l’IA.
Cette sobriété s’accompagne pourtant d’ambitions de croissance significatives. Près de 80 % des entrepreneurs sondés anticipent une augmentation de leurs effectifs dans les cinq prochaines années, et 45 % envisagent une expansion vers de nouveaux marchés internationaux. Ces chiffres contredisent le narratif, souvent répandu, selon lequel l’IA serait avant tout destructrice d’emplois. Dans cette lecture, la technologie serait plutôt un accélérateur de croissance qui nécessite davantage de ressources humaines pour être déployée et pilotée efficacement.
La question de la transmission d’entreprise constitue un autre signal fort de l’enquête : 32 % des dirigeants envisagent de céder leur entreprise dans les cinq prochaines années. Ce chiffre illustre une prise de conscience croissante autour des enjeux de succession et de gestion patrimoniale — un sujet structurellement sous-estimé dans les stratégies entrepreneuriales françaises, où la planification de la transmission reste souvent tardive.
Sur le terrain de la performance, les données disponibles invitent à la prudence. Si certaines études évoquent que 91 % des PME utilisant l’IA rapporteraient des hausses de revenus, ce chiffre doit être interprété avec précaution : il provient de sources dont la méthodologie n’est pas publiquement vérifiable, et le biais de sélection — les entreprises qui adoptent l’IA étant souvent déjà en croissance — est rarement contrôlé. À l’inverse, des analyses plus rigoureuses, notamment sur le marché américain, estiment que l’adoption effective de l’IA par les entreprises ne dépasse pas 7 %, avec une progression graduelle. Et selon certains stratèges, seulement 25 % des initiatives IA auraient respecté les attentes de retour sur investissement annoncées par les directions générales. L’enthousiasme, visiblement, précède encore les résultats.
« 2024 était l’année de la preuve de ce que l’IA peut apporter, et nous attendons de voir plus d’échelles en 2025. »
Dan Priest, responsable de l’IA chez PwC, résumait cette tension en 2024 : * »2024 était l’année de la preuve de ce que l’IA peut apporter, et nous attendons de voir plus d’échelles en 2025. »* Une formulation qui dit autant sur les espoirs que sur les limites encore constatées. L’exemple d’Anysphere — startup ayant développé l’assistant de codage Cursor et capable de rivaliser avec des acteurs établis grâce à une équipe réduite — illustre ce que Harvard Business Review décrit comme un rééquilibrage des rapports de force compétitifs. Mais il serait hasardeux d’en faire une règle générale : les cas d’usage où de petites structures surpassent les grandes grâce à l’IA restent, pour l’heure, des exceptions documentées plutôt qu’une tendance de fond.
Ce que le sondage UBS dessine, en creux, c’est une transformation stratégique de long terme plutôt qu’une révolution immédiate. Les entrepreneurs les plus lucides ne cherchent pas à monétiser l’IA à court terme ; ils l’intègrent progressivement dans leur modèle opérationnel pour construire un avantage compétitif durable. C’est précisément cette approche mesurée — loin de l’injonction à « adopter l’IA dès aujourd’hui » — qui distingue les stratégies solides des effets d’annonce. Dans un environnement incertain, la résilience ne se décrète pas : elle se construit, un cas d’usage à la fois.











