Comment l’IA transforme les ambitions des entrepreneurs en 2026

Entrepreneurs 2026 : l'IA comme moteur de croissance, l'optimisme comme carburant Malgré un contexte géopolitique instable et des pressions inflationnistes persistantes, les entrepreneurs affichent une confiance remarquable dans leurs perspectives de développement. C'est le principal enseignement du rapport UBS Global Entrepreneur 2026, qui révèle que 68 % des dirigeants interrogés se montrent optimistes quant à l'avenir de leur entreprise — une conviction portée, en grande partie, par les promesses de l'intelligence artificielle et par une demande client soutenue dans trois secteurs locomotives : la technologie, la santé et les services financiers. Un optimisme ancré dans les chiffres, pas dans les discours L'enquête UBS ne se contente pas de mesurer un état d'esprit : elle documente des intentions concrètes. Ainsi, 80 % des entrepreneurs interrogés prévoient d'augmenter leurs effectifs dans les cinq prochaines années, dont 37 % envisagent des hausses significatives. Ces projections convergent avec d'autres données sectorielles. Aux États-Unis, le Bureau of Labor Statistics anticipe l'ajout de 4,7 millions d'emplois dans les métiers liés à l'informatique et aux mathématiques d'ici 2032. Dans la santé, le rythme de création d'emplois a atteint 54 000 postes par mois en 2023. Dans les services financiers, la seconde moitié de 2024 a vu 110 790 recrutements nets, soit une hausse de 81 % sur un an selon EightFive Media. Ces chiffres, majoritairement américains, méritent toutefois d'être contextualisés pour le lecteur français. En France, la dynamique des PME à forte croissance est réelle mais plus modeste : l'Insee recense 16 700 entreprises en forte croissance …

Entrepreneurs 2026 : l’IA comme moteur de croissance, l’optimisme comme carburant

Malgré un contexte géopolitique instable et des pressions inflationnistes persistantes, les entrepreneurs affichent une confiance remarquable dans leurs perspectives de développement. C’est le principal enseignement du rapport UBS Global Entrepreneur 2026, qui révèle que 68 % des dirigeants interrogés se montrent optimistes quant à l’avenir de leur entreprise — une conviction portée, en grande partie, par les promesses de l’intelligence artificielle et par une demande client soutenue dans trois secteurs locomotives : la technologie, la santé et les services financiers.

Un optimisme ancré dans les chiffres, pas dans les discours

L’enquête UBS ne se contente pas de mesurer un état d’esprit : elle documente des intentions concrètes. Ainsi, 80 % des entrepreneurs interrogés prévoient d’augmenter leurs effectifs dans les cinq prochaines années, dont 37 % envisagent des hausses significatives. Ces projections convergent avec d’autres données sectorielles. Aux États-Unis, le Bureau of Labor Statistics anticipe l’ajout de 4,7 millions d’emplois dans les métiers liés à l’informatique et aux mathématiques d’ici 2032. Dans la santé, le rythme de création d’emplois a atteint 54 000 postes par mois en 2023. Dans les services financiers, la seconde moitié de 2024 a vu 110 790 recrutements nets, soit une hausse de 81 % sur un an selon EightFive Media.

Ces chiffres, majoritairement américains, méritent toutefois d’être contextualisés pour le lecteur français. En France, la dynamique des PME à forte croissance est réelle mais plus modeste : l’Insee recense 16 700 entreprises en forte croissance en 2023, soit une hausse de 38 % par rapport à 2019, avec des effectifs ayant progressé d’un tiers sur la période. Une étude Qonto indique par ailleurs que 63 % des dirigeants de PME françaises ont été positivement surpris par leurs performances en 2023 — tout en soulignant que 60 % d’entre eux anticipaient des hausses de prix de vente sous l’effet de l’inflation. L’optimisme, en France comme ailleurs, se conjugue donc avec une vigilance accrue sur les marges.

L’IA, opportunité commerciale ou effet d’annonce ?

C’est sur ce point que le rapport UBS mérite un regard critique. 61 % des entrepreneurs estiment que l’intelligence artificielle représente la meilleure opportunité commerciale parmi les technologies émergentes — une proportion qui reflète autant l’enthousiasme du moment que la réalité des déploiements effectifs. Delwin Kurnia Limas, stratège en actions chez UBS, affirme que « l’IA offre la possibilité commerciale la plus convaincante parmi les technologies émergentes », une formulation qui reste volontairement large.

Les données d’adoption tempèrent légèrement cet enthousiasme : selon une enquête EY publiée en juin 2025, 40 % des entrepreneurs investissent dans l’automatisation et l’IA pour renforcer la performance de leurs équipes, et 42 % prévoient d’y allouer un budget dans l’année à venir. Parallèlement, seules 45 % des petites entreprises utilisent actuellement des outils d’intelligence artificielle, selon News Press Now. L’écart entre l’intention déclarée et le déploiement opérationnel reste donc significatif — un biais classique dans les enquêtes d’opinion entrepreneuriale, où la désirabilité sociale tend à surestimer les ambitions technologiques.

La résilience entrepreneuriale face aux défis structurels

Benjamin Cavalli, responsable des clients stratégiques chez UBS Global Wealth Management, résume bien l’état d’esprit dominant : « Les entrepreneurs entreront dans cette année avec une résilience remarquable et un nouveau sens de l’ambition. » Cette résilience n’est pas déconnectée des réalités : difficultés de recrutement, instabilité réglementaire, coût du capital en hausse dans un environnement de taux encore élevés. Aux États-Unis, les petites entreprises ont représenté plus de 70 % des nouveaux emplois nets depuis 2019 et créé 1,4 million de postes nets en 2023 selon le Département du Trésor américain — une contribution qui illustre leur rôle structurel dans la dynamique de l’emploi, bien au-delà des cycles conjoncturels.

« Les entrepreneurs entreront dans cette année avec une résilience remarquable et un nouveau sens de l’ambition. »

L’enjeu pour les prochaines années ne sera pas tant de maintenir l’optimisme que de le traduire en capacité d’exécution : recruter dans un marché du travail tendu, intégrer l’IA sans désorganiser les équipes existantes, et préserver des marges sous pression. Les entrepreneurs qui réussiront cette transition ne seront pas nécessairement les plus enthousiastes, mais les plus méthodiques.